vendredi 14 juillet 2017

Nice, un an après : « J’ai vu les soubresauts du camion qui roulait sur les corps »


NOTRE QUOTIDIEN - « Nous ne sommes pas préparés à ça. Personne. Jamais. » A Nice, le soir du 14 juillet 2016, le major Pascal Gilli, à la tête de la compagnie départementale d’intervention de la police nationale dans les Alpes-Maritimes, était responsable du dispositif de sécurité.

En première ligne sur le terre-plein central de la promenade des Anglais : « J’ai vu les soubresauts du camion qui roulait sur les corps, le civil accroché à la portière pour tenter de l’arrêter et les colonnes d’assaut remonter pour neutraliser le terroriste ».

A quelques jours des commémorations de cet attentat qui a fait 86 morts le jour de la fête nationale, il a raconté à 20 Minutes comment cet « acte de guerre » avait changé sa vie de policier. Et aussi sa vie d’homme.

« La police est entrée dans un processus de guerre »

« Un an après, on est toujours marqué. Et on le sera à jamais. C’est quelque chose d’atroce, d’horrible. Des corps mutilés partout… Les forces de police ne sont pas préparées à ça », répète le responsable de 54 ans, qui a vécu cette nuit tragique « en famille ». Sa femme est aussi policière dans une autre unité et son fils est pompier volontaire.

« On essaie de se reconstruire ensemble, de se soutenir mutuellement. Depuis un an, la police azuréenne est entrée dans un processus de guerre, quelque chose de très lourd, décrit-il. Sans oublier les interventions classiques auxquelles les Français ont droit, on a rajouté la menace terroriste qui implique une vigilance beaucoup plus accrue. Et une utilisation de matériel et de riposte d’assaut beaucoup plus importante qui pèse sur l’ensemble des fonctionnaires. C’est une tension supplémentaire. »


Il porte son arme en permanence, même en civil

Même quand il retire son uniforme, cette tension ne s’éteint pas complètement. Comme un arrêté du 25 juillet 2016 l’y autorise, lui comme tous les autres policiers, le major Pascal Gilli conserve son arme sur lui. En permanence. Dans ses sorties de tous les jours.

« On est beaucoup dans ce cas, ici. Personnellement, si je le fais, ce n’est parce que je serais devenu particulièrement paranoïaque même si on sait que nous sommes aussi des cibles, mais je me dis qu’à n’importe quel moment, je pourrais intervenir pour sauver des vies. »


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